Daniel Mille

Daniel Mille

 

Daniel Mille nourrit depuis toujours une véritable passion pour la musique d’Astor Piazzolla, comme d’ailleurs beaucoup de ses collègues accordéonistes, parenté avec le bandonéon oblige. Encore fallait-il trouver le bon angle d’approche pour aborder l’œuvre monumentale et intemporelle du maître du tango nuevo, au-delà des clichés et des hommages convenus. Grâce aux arrangements sur-mesure imaginés par Samuel Strouk pour un étonnant trio de violoncelles complété par la contrebasse de Diego Imbert, il livre sur l’album "Cierra tus ojos" une relecture éminemment personnelle, sensible et sensuelle, évitant de se limiter aux « tubes » du compositeur, au profit d’œuvres en demi-teintes aux climats alanguis, à vous faire fondre de bonheur. En cela le choix de l’arrangeur n’est pas anodin. Le jeune et brillant Samuel Strouk a « millésimé » Piazzolla, si l'on peut dire. Opérant une analyse radicale des fulgurants contrechamps du maestro, détournant les attentes, déjouant les références, dénudant Chiquilin de Bachin de son langage expressionniste habituel, utilisant à peine les accents mythiques 3-3-2, signatures légendaires des viriles attaques du fou furieux qui mit le bandonéon debout dans les années 50.

L’accordéon de Daniel Mille, les trois violoncelles de Paul Colomb, Frederic Deville, Grégoire Korniluk, et le contrebassiste de Jazz Diego Imbert, forment un orchestre qui respire comme un seul homme. Mille préfère les milongas alanguies aux véhémences  du tango. On comprend alors pourquoi, sculptant comme à son habitude, silences et voix subliminales, Mille dans le costume du maestro, est à la fois si Mille, et si Piazzolla, sii magistral et si modeste.   

 

 

Sur scène à Ça Jazz à Brides : 

Dimanche 7  juillet à 20h45 - Grande Scène - concert offert au public